Pourquoi je ne réponds pas à vos communiqués de presse


le 18 février 2013

Communication, Conseil éditorial

Vous le savez peut-être, je m’occupe depuis plusieurs années d’un webzine culturel bordelais. Je reçois de nombreux communiqués de presse chaque semaine, et si, jusqu’il y a quelques mois, la plupart collaient un tant soit peu à notre ligne éditoriale, ce n’est plus le cas ces derniers temps. S’il y a dans les lecteurs de ce blog des personnes chargées de la communication d’un produit ou événement qui ne comprennent pas pourquoi leurs missives restent lettre morte, voici quelques pistes.

Vous êtes hors-sujet

Premier écueil, vous envoyez en masse un email sans réellement cibler vos destinataires. Exemple typique : une invitation presse pour une exposition, une avant-première cinéma ou une présentation presse d’un livre située à Belfort, Paris ou Triffouillis les Oies. Mandorine est un webzine bordelais, 90% de ses rédacteurs habitent la Communauté Urbaine de Bordeaux ou ses environs. Pour les évènements parisiens, je peux comprendre. Je n’ai actuellement pas de rédacteurs installés à Paris, mais cela a déjà été le cas, et ce le sera probablement à nouveau dans le futur. Par contre, il est plus facile d’imaginer que je n’ai personne pour couvrir des évenements se déroulant à Belfort et Trifouillis-les-Oies.

Inutile également de m’envoyer vos communiqués à propos d’un casting canin, en vous disant :

« peut-être que ce webzine ne traitant que de cinéma, livres, musiques et autres détails culturels aura subitement envie de parler de ma formidable activité de bookeuse pour chiens ».

C’est le meilleur moyen pour que votre email termine dans mon filtre à spams.

Vous essayez de me forcer à parler de votre évènement ou produit

Plus encore que les emails de masse, ce type de messages a tendance à m’irriter. Je reçois régulièrement des emails me vantant les mérites d’un livre (ou film, ou album, ou évènement) et m’expliquant pour quelle raison je serais avisée d’en parler sur mon site, parce qu’après-tout, j’en retirerais une visibilité accrue et je démontrerais mon bon goût et mon intelligence en le faisant.

Un conseil, évitez d’expliquer au propriétaire d’un blog ou d’un webzine comment organiser sa ligne éditoriale. Lui envoyer un mail personnalisé en lui expliquant que vous lui envoyez vos informations parce que vous estimez que vous correspondez à l’esprit de son site, oui. Lui expliquer très (trop) longuement pourquoi il devrait écrire sur votre sujet, non.

Inutile également de spammer sa boîte mail sur le ton :

« pourquoi tu n’as pas répondu à mon/mes emails précédents ? Tu DOIS absolument parler de moi ! »

Ce qui m’amène au point suivant…

Je n’ai tout simplement pas eu le temps de vous répondre

Je parle de mon cas personnel, pas d’autres webzines dont les contributeurs sont salariés – ou des blogueurs vivant de leur blog. Mandorine est un projet entièrement bénévole, c’est donc un projet que nous – les rédacteurs de l’équipe et moi-même – développons sur notre temps libre. Et je sais que de nombreux bloggueurs (littéraires, beauté, hi-tech ou autres) sont dans le même cas. Nous avons tous une activité principale qui occupe notre temps, que nous soyons étudiants, salariés ou freelances. Même si nous bloguons avec plaisir, cette activité reste un hobbie, qui occupe notre temps libre, et passe donc après notre travail.

Pour revenir au cas de Mandorine, même si j’essaie au maximum de répondre de manière très régulière aux sollicitations, il m’arrive d’avoir trop de travail pour pouvoir m’en occuper, et de ne me pencher dessus que quelques jours après les avoir reçus. D’autant plus que je dois d’abord les transmettre à mes rédacteurs, et attendre leurs réponses, avant de re-contacter l’auteur de l’email. La plupart du temps, tout se passe bien.

Mais parfois, je reçois des emails de relance insistants, me ré-expliquant pourquoi je devrais parler du sujet en question sur mon webzine. Malheureusement, ce type d’email réunit souvent les trois écueils que je viens de décrire : le sujet ne correspond pas à notre ligne éditoriale, le chargé de communication se montre pressant et il me relance tous les trois jours.

Comment envoyer vos communiqués aux blogueurs sans être ignoré

A ce stade, si j’avais prévu de répondre à ces emails, même par la négative, je décide souvent de ne pas le faire, et d’ignorer tout simplement les nombreuses relances que l’on m’envoie. Appelez ça de l’esprit de contradiction, mais j’ai horreur que l’on me force la main. D’autant plus qu’il est assez simple d’entretenir des relations cordiales, voire amicales avec les blogueurs. A toutes fins utiles, voici une liste de bonnes pratiques :

  • Ciblez bien les destinataires de vos communiqués : ce sera plus efficace, vous aurez un taux de réponses plus intéressant.
  • Personnalisez vos emails : vous n’allez évidemment pas créer un communiqué différent pour chaque destinataire, mais écrire un petit mot personnalisé au blogueur à qui vous l’envoyez lui donnera probablement plus envie de se pencher sur votre information qu’un email massif, dont il sait que toute la blogosphère l’a reçu.
  • Restez courtois : inutile d’insister lourdement sur le fait que votre groupe/livre/évènement correspond exactement à sa ligne éditoriale. Un blogueur saura immédiatement si c’est le cas, nul besoin de lui expliquer que 2+2=4.
  • Soyez patient. Essayez d’imaginer le nombre d’emails qu’il reçoit par jour, qu’il ne s’occupe probablement de son blog que sur son temps libre, et donc qu’il vous répondra dès qu’il le pourra… si vous lui avez envoyé une information correspondant à son blog, s’entend.
  • Relancez intelligemment. Attendez un nombre suffisant de jours avant de relancer (dans mon cas, une semaine). Et ne relancez pas plusieurs fois de suite. Si vous n’obtenez pas de réponse ou si vous essuyez un refus, passez à autre chose. Ce blogueur n’est pas intéressé par votre info, mais d’autres le seront sûrement.

Et vous, avez-vous des bêtes noires concernant les emails que vous recevez pour votre blog ? Si vous envoyez régulièrement des communiqués sur le web, avez-vous des astuces à partager ?



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